Je ne sais pas vous, mais moi, j'ai couru regarder par la fenêtre. Je voulais voir, qui parmi mes voisins, éteignait ses lumières. Ca m’a permis quelques commentaires d’une très haute valeur philosophique, du genre « tient, le crétin du premier laisse sa lumière allumée, ça ne m’étonne pas ! ». Mais c’est le genre d’occupation dont on se lasse assez vite… Globalement, le spectacle n’a pas été celui que j’escomptai. Tout le monde n’a pas la chance d’habiter en face de la Tour Eiffel.

Les 4 minutes suivantes, je me suis donc occupé autrement.

Et j’ai découvert des trucs étonnant. Par exemple, je n’avais jamais remarqué qu'il n'y a pas de lampe dans mon congélateur. Mais pourquoi donc ? Ca m'a rendu perplexe. Peut-être fait-il trop froid pour les petits lutins (vous savez, ceux qui sont chargés d’allumer la lumière du frigo quand on ouvre la porte).

Un peu plus tard, je me suis souvenu qu'il n'était pas évident d'aller aux toilettes sans lumière.

J'ai également constaté que ma montre n'avait pas d'aiguilles phosphorescentes. Du coup, j'ai eu beaucoup de mal à savoir si, oui ou non, j'avais désormais le droit de rallumer mes lumières.
Ca m'a travaillé un bon moment. Et finalement, quand j'ai rallumé, j'ai constaté que je n'avais pas offert 5 minutes de répit à la planète, mais 10. Rien que ça ! 50% de répit en plus, gratos ! C'est tout moi ça, la générosité incarnée.

Bref, si un jour, j'ai quelque chose à demander à la planète (par exemple, j'aimerai bien un p'tit puit de pétrol au fond de mon jardin), il faudra que je me souvienne qu'elle a une dette envers moi !